LA SOURCE INÉPUISABLE DE JOIE

Extrait de la préface par le Dr Jacques Vigne

 

Trouver la source inépuisable de joie est le but véritable des diverses voies spirituelles. Si cette source dépend d’un objet extérieur, elle ne pourra guère être inépuisable. Il faut donc chercher à l’intérieur. Cela a été le genre d’idées fondamentales que j’ai tenté de communiquer à des groupes de jeunes, venus de différents pays du monde à l’île Saint-Honorat de Lérins, dans la baie de Cannes, pour des journées sur la paix. Marion et son mari Jean-Marc m’avaient fait venir comme témoin à ce rassemblement où ils intervenaient également. Le fond du message que nous avons essayé de communiquer lors de ce beau matin de printemps n’était guère différent de celui qu’avait donné le premier moine des Gaules, Saint Honorat qui avait accosté les îles de Lerins pour y ouvrir un monastère : « Si vous souhaitez trouver la joie stable, cherchez à l’intérieur. » Simplement, la manière de dire et les références avaient été quelque peu renouvelées.

Marion est pénétrée de l’enseignement de Mâ Anandamayî dont le nom même signifie : “toute pénétrée de joie”. C’est cette voie que je suis moi-même depuis dix-huit ans que je vis en Inde. Mâ était consciente que c’était d’abord à cause de la qualité de joie qui émanait d’elle que les gens étaient attirés vers sa présence. Il s’agissait d’une joie sans aucune excitation et toute à fait indépendante des facteurs extérieurs – contrairement aux joies et plaisirs du monde. Elle disait elle-même qu’autour d’elle régnait une ambiance d’anand ka bazar, de “marché de la joie“.

Marion parle simplement des grandes vérités spirituelles, avec une imagerie poétique et une liberté renouvelée. Autrichienne d’origine, elle bénéficie donc, dans son approche de la langue française, d’une fraîcheur qui, en fait, manque à beaucoup de Français de souche. Les textes et poèmes ci-dessous aideront en particulier à se ressourcer ceux qui sont pris dans le tourbillon des activités extérieures et aiment recourir au support de la poésie pour s’intérioriser.

Marion est aussi inspirée par l’enseignement d’Amma, Mère, comme on l’appelle en bref, qu’elle a rencontrée en France il y a quelque temps et dont elle a pris l’initiation. Le nom religieux d’Amma, Amritânandamayî signifie “entièrement pénétrée de la joie de l’immortalité”. Sachant que quand on est à la source de quelque chose, on en est tout pénétré, et que l’immortalité représente la vie inépuisable, on peut dire qu’il s’agit d’un nom dont le sens est très proche de “la source inépuisable de joie”. Marion, dont le nom même contient Marie ou Mâ, la Mère Divine sous ses formes occidentales ou orientales, a écrit la plupart des textes ci-dessous avant de rencontrer Amma. C’est comme s’ils avaient servi de préparation à cet événement. Cela semble vérifier l’adage courant en Inde : « Quand le disciple est prêt, le maître arrive. »

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